La Gazette endocrinienne

« Le poids des mots, le choc des lithographies. »

coNstaTatioNs devaNt la glace

Texte sécrété par la thyroïde
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

  1. La ritournelle minuscule est une valve caillée sur la lame végétale de mon cœur.
  2. La nièce de Satan s’est inscrite à des cours du soir; elle travaille comme standardiste à la compagnie de chaussures qui emploie des enfants dans son usine souterraine.
  3. Savoir conjuguer le verbe «falloir» à la première personne du singulier n’est pas donné à tout le monde. En fait, il n’y a que les clowns masturbateurs et anthropophages qui adoptent une phase assez liquide pour imbiber suffisamment la grammaire et ainsi accomplir un tel exploit.
  4. La charrette des lépreux a des roues de roquefort et laisse des traces vertes sur le tapis floral de ma salle de bains.

caCographie eNfiévrée sous ordoNNaNce

Texte sécrété par l'hypophyse
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Cher journal,

La glace est mince et j’entends le bruit sourd des craquements quand passent les morts près de la lumière verte des pronoms conjonctifs. Ce qui se trouve sous mes pas n’est pas l’apaisement des sens et la félicité de l’âme, mais bien la suie des garages et l’isthme de l’alimentation famélique. Nartex de l’église immobilière, les échanges pétrifiés sont sans sel, sans signes, comme l’huile disloquée sous un sourire minéral. Ô piètre sucs de jouvence, vos scie à chairs couvrent le chant des méduses. Je suis jaune et partout m’accompagne cette odeur de formol — moi qui n’embrasse que ce qui est long et dur et fuyant comme un liquide organique coulant d’un erlenmeyer sur les pages d’un rapport trimestriel.

noël Nouvelet

Texte sécrété par le pancréas
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

(Transcription de ce que j’ai compris de cette chanson traditionnelle telle qu’interprétée par Loreena McKennitt.)

Noël nouvelet, navet chantons la scie
Des veaux et des gants, car Dieu en est farci
Sentons Noël, pour l’émoi aigrelet

Noël nouvelet, navet, chantons la scie.

Je l’ai, je l’emmène au sud de l’Australie
Mes naines mamies me minent et me marient
Comme la moue minière de la Minerve

Noël nouvelet, navet, chantons la scie.

Jésus, Marie, Joseph et la théière terrienne
Ternissait tes touffes, lissait sa liste leste
Et on longeait le gentil geai léger

Noël nouvelet, navet, chantons la scie.

Quand je m’épongeai et que j’eus assez joui
J’écartai ses cuisses et je vis son mimi.
Dont il sortait un bouton merveilleux

Noël nouvelet, navet, chantons la scie.

Qui suintait lor, la myrrhe et le pipi,
Et aussi lencens, le beurre et le pepsi
Du Paradis semblait le jardinet

Noël nouvelet, navet, chantons la scie.

Tristesse liquide

Texte sécrété par les surrénales
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Les cris ont pris fin les ondes pleureuses sont des scies jaunes CES ENFANTS ont les mains rudes comme les clients des bordels défiscalisés le musée d’encre a fondu coincé sous le postérieur plantureux des dentistes malsains qui claquent sous la lune intégrale valise enclume six doigts agiles vertige à la petite semaine qui se replie sur elle-même les noeuds sont liquides et la fin proche proche proche car certains jours j’erre les nerfs striés par le stupre la peau sans eau électrique dans l’espoir mal défini d’échapper au chapelet contribuable ou de liquider mon patrimoine en échange des spasmes partagés avec les déesses diaphanes et boudeuses oui boudeuses aux lèvres congestionnées et moites d’audace et le regard si fermé qu’on braderait les os de ses ancêtres pour un seul soupir une seule complaisance un seul geste abandonné comme un lambeau de cuir aux chiens.


Le tiTre de mon preMier roMaN

Texte sécrété par la thyroïde
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

J’écris en ce moment un roman qui, si tout se déroule comme prévu, sera terminé dans quelques mois. Il me reste toutefois à trouver un titre — quelque chose de fort, de puissant, quelque chose de vendeur. J’en ai déjà trouvé quelques-uns, mais j’ai besoin de votre aide pour choisir le meilleur.

Si vous voulez m’aider, vous n’avez qu’à cliquer sur «J’aime» ou sur «Beurk» pour m’indiquer vos préférences. Ça ne prendra que quelques minutes de votre temps et ça me rendra un énorme service !

En voici un premier :

Les coutumes locales

Texte sécrété par l'épiphyse
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

(Un autre épisode de notre série Découvrons le Québec)

Le Québec est une courtepointe de petites communautés qui ont sû conserver leurs traditions et leur originalité propre. Le visiteur est souvent dérouté lorsque, passant d’un village à l’autre, il se retrouve face à des univers profondément originaux et souvent étrangers les uns aux autres. J’en veux pour preuve ces coutumes locales parmi les plus typiques, que je vous présente ici en vrac.

À Baie-des-Sables, les écureuils dans les parcs sont trempés dans l’encre verte pour que les passants ne puissent pas les voir sur la pelouse et cessent de leur donner des arachides.

À Sainte-Émilie-de-l’Énergie, on enroule les fillettes dans des bandelettes de coton chaque lundi suivant la fête du Travail et on les envoie ainsi attifées pour commémorer la grandeur passée de l’industrie textile québécoise.

À Val-des-Monts, on enterre les vaches jusqu’au cou dans le sable tout juste après qu’elles aient vêlé pour stimuler la production laitière et ainsi permettre aux paysans de produire un fromage en grains unique au monde, la «Garnotte».

Chasse aux communistes à Grand-Saint-Esprit

Une «chasse aux rouges» traditionnelle à Grand-Saint-Esprit (1907)

À Princeville, les sous-sols des maisons sont remplis d’eau chaque premier mai pour pouvoir y élever le chevalier cuivré, un poisson très recherché pour sa chair délicate et succulente. Ils sont ensuite pêchés par les fenêtres, ce que les Princevillois appellent «agacer la boulangère», on ne sait trop pourquoi.

À Maricourt, les villageois s’installent confortablement avec leur carabine dans leur chaise à bascule dès le début de l’automne et tirent sur tous les animaux qui se présentent devant leur maison. C’est ce qu’ils appellent «faire la chasse-galerie».

À La Martre, la coutume veut que chaque garçon nouveau-né soit circoncis par la sage-femme du village. Les prépuces sont conservés dans le sel et sont ensuite frits comme des lardons et ajoutés à la «ribouèche», un ragoût dégusté le jour de Noël, après la messe.

À Grand-Saint-Esprit, on organise chaque été une chasse aux communistes. Mais comme il s’agit d’une espèce en voie de disparition — et donc protégée —, on engage des figurants à Montréal pour les remplacer et on les affuble d’une moustache postiche et d’une casquette pour qu’ils ressemblent à Staline. On leur demande ensuite de s’enfuir dans les bois et on organise des battues avec des chiens pour les attraper. Lorsque c’est fait, on les oblige à faire leur autocritique, au grand plaisir des enfants qui s’amusent innocemment à leur lancer des bouses de vache séchées.

Panégyrique

Texte sécrété par le pancréas
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

(Notes à l’intention de celui qui rédigera on éloge funèbre.)

Nous sommes réunis aujourd’hui, loin, si loin dans le futur pour rendre un dernier hommage à Anne Archet, la femme la plus âgée au monde, décédée suite à un orgasme foudroyant lors d’une nuit d’amour torride en compagnie de sa maîtresse — la petite fille de Liv Tyler — et ses douze amants muets et bien membrés.

Personne ne savait vraiment quel âge avait Anne Archet. On raconte qu’elle serait née au xxe siècle ce qui, avouons-le, est tout simplement incroyable. Malgré son âge avancé, elle est restée d’une forme parfaite jusqu’à sa dernière heure. Lorsqu’on la questionnait à ce propos, elle attribuait sa santé et sa jeunesse inaltérable à cette drôle de danse hawaïenne quelle faisait continuellement pour dérider sa famille, ses amis ainsi que les quidams qui attendaient l’autobus au coin de la rue. Tous s’accordent pour dire que c’était la chose la plus comique qu’ils n’avaient jamais vue et personne ne la trouvait stupide ou voulaient se plaindre à la police pour harcèlement moral en la voyant.

La nouvelle de la mort d’Anne Archet a plongé le monde dans le deuil — un deuil véritable et non le deuil affecté et sarcastique habituel. Anne était admirée de tous, grands et petits, sauf évidemment par les Timorais, mais honnêtement, qui se soucie des Timorais? Elle avait un côté sérieux et un côté plaisantin, mais c’est son côté «normal» qu’elle montrait la plupart du temps.

Anne a commencé sa vie comme un bébé et a lentement et patiemment gravi les échelons jusqu’à ce qu’elle devienne une adulte. Mais même lorsqu’elle eut atteint l’âge de la maturité, elle ne renia jamais ses humbles origines et garda toujours en mémoire l’époque où elle était impuissante, sans défenses et incontinente. Philosophe, elle disait toujours : «Dans la vie, mieux vaut ne pas avoir mal aux pieds» avec son faux accent kurde qui faisait la joie de tous. Elle avait le rire facile et arrivait à pointer du doigt l’objet de son hilarité encore plus facilement. Elle aimait les enfants et les enfants l’aimaient, mais pas de la façon dont l’accuse sa petite-nièce de seize ans. Altruiste, elle cherchait toujours à aider autrui et cherchait encore au moment de sa mort, puisqu’elle n’avait toujours pas trouvé.

Femme d’une grande érudition, sa conversation était si brillante que personne n’osait l’interrompre ou bâiller en sa présence. C’était aussi une femme courageuse et visionnaire; on la comparait souvent à Marie Curie et pas seulement parce que son mari est mort irradié. Aussi étrange que ça puisse paraître, Anne Archet n’a vendu aucun tableau de son vivant et n’a même jamais tenté d’en peindre un. Certaines découvertes qui comptent parmi les plus importantes de la médecine moderne n’ont pas été remises en question ni sabotées par elle.

Bien qu’elle vivait à Monaco dans un immense manoir célèbre pour ses trappes et ses sorties secrètes, elle était fière d’être Québécoise. Elle avait toutefois honte d’être un être humain.

Anne était démesurément riche, mais par modestie faisait toujours semblant d’être fauchée, allant jusqu’à emprunter de l’argent à tous les gens de son entourage. Ceux qui lui en ont prêté on eu la surprise de recevoir, après sa mort, de l’or, des bijoux et des casques antigravité. Quant à ceux et celles qui ont refusé de coucher avec elle, ils s’en mordent drôlement les doigts aujourd’hui.

Généreuse même avec ses organes, elle a légué ses yeux à un aveugle et lui a même donné ses lunettes. Quant à son squelette, il a été équipé d’un ressort qui le fait jaillir de sa boîte de rangement et a été remis à une classe de maternelle pour qu’on puisse enseigner l’anatomie aux tout-petits.

Même si elle était une athée indécrottable, nos scientifiques les plus réputés nous ont confirmé grâce à leurs détecteurs électroniques d’âmes qu’Anne Archet est maintenant au paradis. Pas le paradis ordinaire, celui où n’importe quel imbécile peut entrer, mais le paradis spécial et ultra-secret, celui dont certains anges ignorent même l’existence.

Ce qui est tragique, c’est que même si ce qu’Anne Archet disait de son vivant nous semblait farfelu, tout a fini par s’avérer exact. Elle avait raison et nous avions tort; tâchons de ne pas faire la même erreur avec ses clones. Et surtout, respectons ses dernières volontés, ne soyons pas tristes et célébrons joyeusement sa mémoire. Toutefois, tous ceux qui ont l’air trop joyeux seront priés de quitter la salle immédiatement.

En terminant, nous sommes dans le regret de vous annoncer que l’ex d’Anne ne pourra pas être parmi nous aujourd’hui. Elle est morte il y a plusieurs années d’une horrible attaque de fongus plantaires qui l’ont grugée jusqu’à la cervelle, la plongeant dans une longue, douloureuse et humiliante agonie.

Maintenant, écoutons Cyborg Dion qui va nous chanter My Heart Will Go On.

Les ratures de la ratée

Texte sécrété par les surrénales
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Grande prison des stigmates

Texte sécrété par les ovaires
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Je souffre des plis vulvaires de la lune
Cicatrices argentées sur mes nymphes d’émoi
Qui grugent le bois huileux des naufrages
Et mes yeux froissés de vestale impie

Apaise ma peine de ton hymen froid
Serre contre ma nuque tes cuisses d’oubli
Tes cheveux sont des aiguilles rouillées
Dans mes bras assoiffés de sucs maladifs

Nous prierons le vide et recevrons la terre
Je vendrai ta salive aux apaches éborgnés
Pour une seconde d’éternité assourdissante
Pour un instant tragique, le souffle coupé

Le rêve n’a plus de regards, et toi,
Femme aux mille sexes armés de fer
Tu plonges dans mon esprit tes cils vacillants
Pour éclairer le ciel d’apostasies flamboyantes

Notre agonie sera pavée de marbre obscur
Assourdissante comme l’aliénation délirante
Dans la grande prison des stigmates
Refuge abyssal des corps fracassés

Plus tarte que Plutarque

Texte sécrété par les ovaires
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

J’avais jamais joui jusqu’aux gencives.

fig. 25

Insertions exquises

Texte sécrété par la thyroïde
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Un chien dans un jeu de quilles
Une carotte dans un vagin carnivore
Un scalpel dans l’oreille d’un sourd
Une princesse dans une enseigne électrique
Un robinet dans un nuage lourd
Une manivelle dans un fromage persillé
Un pois chiche dans un pot de vaseline
Une tartine dans des sables mouvants
Un curé dans une sécrétion nasale
Une litote dans un drapeau noir
Un vibromasseur dans une couverture électrique
Une fellation dans un garage ultra-moderne
Un bol de lait dans un train déraillé
Une cigarette dans un œsophage
Un livre pornographique dans un rêve absurde
Une envie de mort dans un rapport de police
Un sou noir dans un traversin diabolique
Une contravention dans une piscine hors-terre
Un missel dans un cirque bulgare
Une partition de violon dans une seringue hypodermique
Un kilo de caviar dans une pelle à fumier
Une fille de joie dans un autobus scolaire
Une poire à lavement dans un fonctionnaire municipal
Un cigare cubain dans une poutine extra-sauce
Une cerise confite dans un ami des bêtes

fig.734

À faux riz stick ment

Texte sécrété par la thyroïde
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

J’ai un Dhp. ès dyslexie.

Assise sur le bord de la route avec ma fille, je regarde passer les zombies dans leurs cercueils roulants métalliques.

La condition postmoderne : même notre dernière heure sera entrecoupée de quatorze minutes de publicité

Ma meilleure amie m’a fait promettre d’assister à ses funérailles. J’ai accepté, mais à condition qu’elle vienne aux miennes.

Malgré l’augmentation du coût de la vie, elle reste toujours aussi populaire.

Comme je vous l’ai dit plusieurs fois, je ne me répète jamais, alors tant pis si vous n’avez pas compris la première fois.

Et surtout, ne commencez jamais une phrase par une conjonction.

J’évite la plupart du temps de parler contre Dieu ; après tout, une idée n’est pas responsable de ceux qui croient en elle.

L’après-midi est le moment de la journée que je consacre à me désoler d’avoir perdu mon temps pendant la matinée.

La précision est le vice insupportable de ceux qui ont raison.

Absurdité : une idée ou une opinion radicalement contraire à la mienne.

Le philosophe qui se fait baptiser est celui qui échange la recherche de la vérité pour une fantaisie utile et fonctionnelle.

Un aphorisme astucieux ne prouve rien, mais ils reste moins assomant qu’un raisonnement juste et interminable.

La nature a horreur du vide ; il vaut pourtant mieux que bien des trucs que la nature offre pour le remplir.

Celui qui parle pendant son sommeil est un somniloque. Celui qui parle pendant le sommeil des autres est un professeur.

Le fanatique n’est pas celui qui ne change jamais d’idée, mais celui qui ne change jamais de sujet.

Quiconque veut mettre le doigt sur LE problème de la société finit toujours par le mettre dans son oeil.

Un jour sans soleil, c’est comme une nuit.

Idi-o-matic

Texte sécrété par la thyroïde
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Je suis une fille publique car je reçois en privé.
Je suis haute comme trois pommes mais j’arrive à appuyer sur le champignon.
Je me mets au vert quand je suis dans le rouge.
J’en ai plein le dos d’être sur les genoux.
J’ai le cœur à la bonne place, c’est-à-dire sur la main.
Je couperais bien les cheveux en quatre, mais j’ai un poil dans la main.
Je pends mes jambes à son cou chaque fois que nous faisons soixante-neuf.
Je ne peux pas le sentir car il m’a dans le nez.
Je lis une feuille de chou qui appartient à une grosse légume.
J’y suis allée pour des prunes ; je suis vraiment une bonne poire.
J’ai tant mangé de vache enragée que personne ne viendra m’enlever le pain de la bouche.
Je frise le code avec mes alibis tirés par les cheveux.
Je n’y vais pas de main morte quand je travaille d’arrache-pied.
Je n’ai pas froid aux yeux car ils ne sont pas en face des trous.
Je ne lui vais pas à la cheville et ça lui fait une belle jambe.
Je ne suis pas dans mon assiette mais je n’en fais pas tout un plat.
Je me mets sur mon trente-et-un tous les trente-six du mois.
Je mets des bâtons dans la cinquième roue du char.
Je mets les voiles pour jouer les filles de l’air.
Je suis leur tête de Turc car ils m’envoient me faire voir chez les Grecs.
J’ai beau brûler la chandelle par les deux bouts, je n’arrive pas à les joindre.
Je pêche en eau trouble quand je remue ciel et terre.
J’ai fait mon barreau derrière les barreaux.
Je lui fais porter le chapeau car je n’en fais qu’à ma tête.
Je suis toujours dans le pétrin car je suis une bonne pâte.
Je lui ai mis la puce à l’oreille en cherchant la petite bête.

Le fondement du temps et du monde

Texte sécrété par l'hypophyse
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Cher journal,

J’ai passé la journée à te dire merci mon néant
mon beau néant je t’aime
néant sublime tu es si vide et sans fond
et tu m’aspires joli néant de mon coeur
j’embrasse ta présence faite de rien
et d’absence de tout
tu es si vide et si ineffable néant chéri
que je ne te tiens pas dans mes bras
oh mon vide
tu n’es même pas une cavité ou un trou
tu es le néant entouré de rien
et je m’incline devant la puissance
de ta vacuité insoutenable
et je baise de ma langue bleue
ton vortex éternel

Fig. 60

Proverbes

Texte sécrété par la parathyroïde
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

« Un tiens vaut mieux qu’un des miens, je suis pas prêteuse. »

« En avril, tu te découvriras d’un tas de fils, car c’est le temps de l’impôt. »

« Au pays des aveugles, on marche beaucoup dans les tas. »

« Le silence est d’or depuis que Georges D’Or est mort. »

« Un hirondelle ne fait pas le repas d’après les fêtes de chez Saint-Hubert. »

« Le trois fait le mois, faites-moi à trois. »

« Je donne ma langue aux chattes, mais seulement si elles sont épilées. »