La Gazette endocrinienne

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Les coutumes locales

(Un autre épisode de notre série Découvrons le Québec)

Le Québec est une courtepointe de petites communautés qui ont sû conserver leurs traditions et leur originalité propre. Le visiteur est souvent dérouté lorsque, passant d’un village à l’autre, il se retrouve face à des univers profondément originaux et souvent étrangers les uns aux autres. J’en veux pour preuve ces coutumes locales parmi les plus typiques, que je vous présente ici en vrac.

À Baie-des-Sables, les écureuils dans les parcs sont trempés dans l’encre verte pour que les passants ne puissent pas les voir sur la pelouse et cessent de leur donner des arachides.

À Sainte-Émilie-de-l’Énergie, on enroule les fillettes dans des bandelettes de coton chaque lundi suivant la fête du Travail et on les envoie ainsi attifées pour commémorer la grandeur passée de l’industrie textile québécoise.

À Val-des-Monts, on enterre les vaches jusqu’au cou dans le sable tout juste après qu’elles aient vêlé pour stimuler la production laitière et ainsi permettre aux paysans de produire un fromage en grains unique au monde, la «Garnotte».

Chasse aux communistes à Grand-Saint-Esprit

Une «chasse aux rouges» traditionnelle à Grand-Saint-Esprit (1907)

À Princeville, les sous-sols des maisons sont remplis d’eau chaque premier mai pour pouvoir y élever le chevalier cuivré, un poisson très recherché pour sa chair délicate et succulente. Ils sont ensuite pêchés par les fenêtres, ce que les Princevillois appellent «agacer la boulangère», on ne sait trop pourquoi.

À Maricourt, les villageois s’installent confortablement avec leur carabine dans leur chaise à bascule dès le début de l’automne et tirent sur tous les animaux qui se présentent devant leur maison. C’est ce qu’ils appellent «faire la chasse-galerie».

À La Martre, la coutume veut que chaque garçon nouveau-né soit circoncis par la sage-femme du village. Les prépuces sont conservés dans le sel et sont ensuite frits comme des lardons et ajoutés à la «ribouèche», un ragoût dégusté le jour de Noël, après la messe.

À Grand-Saint-Esprit, on organise chaque été une chasse aux communistes. Mais comme il s’agit d’une espèce en voie de disparition — et donc protégée —, on engage des figurants à Montréal pour les remplacer et on les affuble d’une moustache postiche et d’une casquette pour qu’ils ressemblent à Staline. On leur demande ensuite de s’enfuir dans les bois et on organise des battues avec des chiens pour les attraper. Lorsque c’est fait, on les oblige à faire leur autocritique, au grand plaisir des enfants qui s’amusent innocemment à leur lancer des bouses de vache séchées.

Explication de la gueule de bois par le modèle de la goutte liquide

Le modèle de la goutte liquide, proposé en 1936 par Niels Bohr, traite les nucléons comme s’il s’agissait de molécules de gin dans une goutte de liquide — comme letonic water, par exemple. Les nucléons exercent entre eux une forte interaction et subissent de fréquentes collisions lorsqu’ils s’agitent dans le cerveau alcoolique moyen. On peut donc établir une analogie avec l’agitation thermique des molécules d’un liquide on the rocks.

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Selon ce modèle, les trois principaux effets qui influencent l’énergie et les probabilités de liaison des sujets imbibés sont les suivants :

  1. L’effet de volume. Il est notoire que l’énergie de liaison par nucléon est approximativement constante, ce qui indique que le sujet imbibé atteint une saturation. Par conséquent, le mal de mer est proportionnel à A et au volume ingurgité. Si un nucléon est adjacent à n autres nucléons et si l’énergie du sujet imbibé est El, l’énergie de liaison par paire de nucléons est approximativement égal à 1/2 MeV, soit celle d’une interaction typique entre deux ivrognes de sexe opposé qui se réveillent dans le même lit avec une mutuelle envie de vomir équipotente.
  2. L’effet de surface. Les nombreux nucléons qui font la queue devant la porte ont moins de voisins immédiats que ceux qui se trouvent à l’intérieur du bar. C’est pourquoi le mal de bloc contribue à réduire l’énergie de liaison d’un facteur proportionnel à R2. Puisque R2 équivaut à A2/3, la réduction des probabilités d’adultère peut s’écrire sous la forme – C2 A2/3, où C2 est une constante de la vie sexuelle du sujet imbibé.
  3. L’effet de répulsion. Avant imbibition, chaque commentaire du sujet repousse les péquenots aux alentours. Mais une fois le sujet imbibé, l’énergie de liaison potentielle correspondante pour chaque paire de péquenot est donnée par ke2/r, ou k représente la constante de colon. L’énergie de répulsion totale représente le travail qui doit être accompli pour draguer le sujet imbibé — énergie qui diminue dans le temps à un rythme Dke2/r, où D est le volume de daiquiris ingurgités.

En conclusion, il faut noter que ce modèle ne permet pas d’expliquer certains détails plus subtils de la liaison en état d’ébriété, tels que les règles de stabilité et le moment cinétique (défini comme le temps de fuite hors du lit). Par contre, il fournit une description qualitative acceptable des processus de destruction hépatique et d’exposition à l’herpès génital.