La Gazette endocrinienne

« Je préfère encore baiser mon doigt. »

Journal hermétique

l'hypophyse

caCographie eNfiévrée sous ordoNNaNce

Cher journal,

La glace est mince et j’entends le bruit sourd des craquements quand passent les morts près de la lumière verte des pronoms conjonctifs. Ce qui se trouve sous mes pas n’est pas l’apaisement des sens et la félicité de l’âme, mais bien la suie des garages et l’isthme de l’alimentation famélique. Nartex de l’église immobilière, les échanges pétrifiés sont sans sel, sans signes, comme l’huile disloquée sous un sourire minéral. Ô piètre sucs de jouvence, vos scie à chairs couvrent le chant des méduses. Je suis jaune et partout m’accompagne cette odeur de formol — moi qui n’embrasse que ce qui est long et dur et fuyant comme un liquide organique coulant d’un erlenmeyer sur les pages d’un rapport trimestriel.

Le fondement du temps et du monde

Cher journal,

J’ai passé la journée à te dire merci mon néant
mon beau néant je t’aime
néant sublime tu es si vide et sans fond
et tu m’aspires joli néant de mon coeur
j’embrasse ta présence faite de rien
et d’absence de tout
tu es si vide et si ineffable néant chéri
que je ne te tiens pas dans mes bras
oh mon vide
tu n’es même pas une cavité ou un trou
tu es le néant entouré de rien
et je m’incline devant la puissance
de ta vacuité insoutenable
et je baise de ma langue bleue
ton vortex éternel

Fig. 60

Babil Batave

Cher journal,

Jacques croque carnivore le thé tamisé tétanisé qui roule et qui roule ma mièvre farine et la clique cassée des clans claudicants. Quant à Karl, qui à Caen claque des canons, son sillage scie ses saucisses sans sourciller.

Voilà toutes les nouvelles dignes d’être drainées par les vésicules de la Vistule virulente.

Rénovation stoïque

Cher journal,

Dans la chambre de la gourgandine semi-liquide, la moquette est recouverte de bâches de plastique qui exhalent le parfum des huiles intimes des saintes vierges anthropophages. On y entre comme une hétaïre cisaille un prépuce : avec la conviction inébranlable des cosaques zaporogues répondant au sultan de Turquie. La catin merveilleuse m’y attendait, fardée des douze nuances de carmin de Lucifer ithyphallique, avec aux seins les pinces d’acier qui font jaillir le lait grumeleux des pestes noires. À genoux, dos à elle, je lui présentai l’étoile obscure de mon cul, qu’elle ondoya de son goupillon fibreux dont la chair froide et humide a visité toutes les cavités des multitudes damnées des souterrains. J’en suis sortie grandie, humide, l’âme élargie et ouverte à toutes les vibrations célestes qui marquent et cataloguent les marchandises cauchemardesques hantant les allées noires des commerces naufragés.

Doda al coda

Cher journal,

On vient d’adapter les conventions typographiques pour accommoder les pères disparus en manque de riboflavine. Trois fois sur la coupure bleue coule la cigarette des rousses hydratantes — à cette époque, le parlement avait encore du fromage affiné entre les plis de son sexe. Plus encore, la pine cognitive des taoistes mercantiles trouble les esclaves tragiques à gauche de l’écran. Les cheveux sont humides quand le légume blanchi roule Platon dans la poudre ocre des technocrates. Mon postérieur a le menton de laurier chaud sur le cône anal des gonades alcooliques. Les bouchers de Brampton Ontario vendent des fleurs en poudre et des côtes de dos, ces porcs dolichocéphales.

fig. 18

Le monde a toujours été une géométrie

En me levant ce matin, j’ai vu sur mon drap qu’il y a corrélation linéaire entre les variables observées lorsqu’elles ont tendance à s’aligner selon une droite de pente négative ou positive et que ma dextérité manuelle splendide sur ma cuisse aime le son binomial de la transformation de coordonnées réduites de mes nervures occulaires quadratiques qui distinguent l’ajustement linéaire de mon sexe explicatif quand par la taille le ministre me scie le coefficient de variation sur le quotidien dévorant ponctuel sans triage de mes sucs permutés qui sécoulent du méat mou de mon rêve quantitatif.

Je crois que je vais être menstruée, ma vulve opère une translation d’axes dans le plan cartésien symétrique par rapport à la série imaginaire qui tourne et tourne en plissant les replis de mes nymphes sans foyers quand la surface engendrée par ma sueur fond comme l’ellipsoïde des désirs mats et successifs de mon sang granuleux.

C’est décidé : je me convertis à l’hérésie du libre esprit.

Écartelée

Cher journal,

À mon réveil, ce matin, j’avais la langue de Kurt Gödel sur le sexe et des paradoxes d’autoréférence vissés au crâne. « La logique n’est pas logique » me disait-il entre deux lapements. Mais il y a pire : les ovaires des derviches sur la butte des axiomes, les heures calculées du tout perméable, les crises déductives des veines métalliques, les os hypothétiques des corps suppliciés.

Voyez, je me branle, que faire d’autre ? Le doigt de jantronomie spéculative des chaffartiques mandocrastiens humide humide humide je me branle non pas pour jouir mais pour ne pas souffir je suis prête à tout pour ne pas souffrir prête à tout à genoux nue et tremplante je me branle branle ne me demandez pas jusqu’où je suis prête à aller souillée brisée scandale sur la voie publique et déchéances sans fin.

Sauvez-moi de l’espérance mathématique qui se dérobe sous mes pieds sauvez-moi de mes visions en dentelle de tendons. Ma pensée est une excroissance odieuse au parfum de charogne fleurie ma pensée est sous le scalpel laiteux des pertes opalines et des bouches baveuses. Sauvez-moi j’ai le corps plus dément que l’esprit je suis désarticulée dans la boue grasse des noumènes et je m’efface lentement comme le frinqueleur boupesque des généalogies lombaires.

Momifiez-moi
J’ai l’esprit confit, hermaphrodite
Prenez-moi
Je suis une catin sédative
Sauvez-moi
Je suis une sous-putain
Sans prix
Sans volonté
Sans conditions

Totem métonymique

Cher journal,

Depuis hier, le surveillant hermaphrodite des dortoirs en réglisse me suit avec le martinet noir de Lucifer. Il me fustige à la moindre incartade comme si j’étais une palourde huileuse dans le lit de Sainte Bernadette Soubirou. Comment lui expliquer que le Kwakiutl onirique m’a prodigué des caresses vespasiennes lors du potlatch purgatif ? Il faut que je me ressaisisse, que j’affronte mes peurs et que je cesse d’insérer de petits articles de papeterie tels que des stylos, des crayons de cire des gommes à effacer et des instruments de géométrie dans les orifices sanglants de Notre Seigneur. Car pendant la durée de l’épreuve, la transgression des règles peut entraîner des mesures disciplinaires et sévices génitaux la mort des rebelles des cieux Pontiac Tecumseh Mistahimaskwa et Pitikwahanapiwiyin.

Poudrier liminaire

Cher journal,

J’ai découvert avec horreur que ma théière se prostitue. L’ami des bêtes a couché avec l’ouvre-boîte multifonctions. Quand je ris, on entend les voix bulgares agoniser du fond de ma matrice. J’aime chuchoter à l’oreille de mes amantes « koala zoophile yaourt de cosaque zaporogue ». Mesclun idoine fraîche bavette près de Lawrence le varech oisif. Flououououstingue japustes vratoniques gratiducteurs.

Remplacez Dieu par un spéculum et George Berkley avait raison

Cher journal,

Je ne cesse de varier le contenu des représentations pour dégager l’essence des vélos hémophiles. Je me rends souvent à la piscine pour convaincre les filles carbonisées de couvrir leurs cuisses et envahir le Pérou. Les glanstrouphistes de Lotbinière ont les yeux fixés sur mon minou oignon les dents de sucre ma mère est vierge. Jamais jamais jamais je n’avale les envies vitreuses de Cyrille et Méthode, je cultive plutôt des adverbes dans mon nombril oh viens les sentir profond profond profond viens les sentir on me mitraille le joseliste et je les sens je les sens je les sens. Personne ne veut tourner ma page parce qu’elle est molle comme un durillon transversal sur l’ovule de mon coeur. Viens près de moi avec ta langue caillée, j’ai les veines comme du papier riz la + quand tu me présentes un rouleau bon marché avec tes ongles humides subsumant mes désirs.

J’ai des mots pour mille ans mais trop peu de secondes pour leur donner le sein. J’ai des phrases comme une papesse de petit lait, plein l’utérus avec un cordon hygiénique, mais elles ont goût de postface et tous les garçons sans corps s’en détournent. J’ai des paroles vraies et acides comme des peines d’amour mais il n’y a plus de souveraine dans les limbes.