La Gazette endocrinienne

« All the nounes that’s fit to print. »

Logorrhée intoxiquée

la thyroïde

Les sentences de l’utérus hurlant

  1. Vous trouverez l’amour lorsque le camion brachycéphale et l’intrigante perforeuse auront ourdi le complot des putains fromagères.
  2. Dans mon atlas personnel, on retrouve l’Utah sous mon nombril, car c’est là qu’est situé le Grand Lac Salé.
  3. Confucius disait : le rhinocéros qui broute du mazout finira toujours par chanter des arias avec les pères de la Confédération. Pourquoi alors s’épiler les jambes ?
  4. La chance viendra comme un candidat présidentiel pêchant la morue sur le toit d’une boulangerie.
  5. Votre langage sera clair sur réception des messages hachurés : o i la lang cosm de mont c’e le gou éval n bris de l’i pri ot v – discours vertical vertébré sexuellement intellectuel.
  6. Confucius disait : le garde-manger du cannibale, c’est la salle d’attente de l’urgence.
  7. Attention aux chiffres impairs et aux pléonasmes glorieux des prismes lexicaux.
  8. Les néons de ma nuque chassent le sommeil et fendent mes yeux comme des glaçons purbeckiens.
  9. Le vendredi sera votre jour chanceux, à moins que la pureté tellurique puisse se passer de l’ombre machinale.
  10. Au travail, tentez de caresser le piston en sucre d’érable dans le centre-ville intime de la secrétaire thermomètre.
  11. Inutile de chercher les tringlauques lorsque le temps est à l’orage dans la moelle de vos os.
  12. Savoir rire de la mort est bien pratique lorsqu’on visite le Yukon en monocycle.
  13. Le Gange coule près de Shawinigan ; on y fait flotter des billots pour récurer son karma.
  14. Vive l’anarchie crie le dromadaire noyé dans le sperme océanique.
  15. Le ciment frais crie « Kool Aid ! Kool Aid ! » – j’ai les yeux oranges, c’est très mauvais pour le taux de glucose de mes larmes.
  16. Je te dirais bien que je t’aime, mais la constitution canadienne ne le permet pas explicitement.
  17. Les cocottes en papier sauvages hibernent l’été parce qu’elle ne peuvent être recyclées autrement qu’en factures d’huile à chauffage.
  18. Je connais intimement la Vache qui rit car elle m’a enseigné le tango dans un bordel de Buenos Aires.
  19. Trop écrire, c’est comme devenir soeur cloîtrée : ça donne mal au poignet.
  20. Grandeur floutingue des orgies cataplasme sur les siècles hydrocéphales !
  21. Je n’utilise que des mots grinçants. Avec la poudre qui en résulte, j’engraisse les dictionnaires pour y faire pousser des adverbes.
  22. Rho maklontisme du holpanvruske qui vaderetuste toutes mes petites jajafes près de ma floutte odorante.
  23. Les sandwichs aux oeufs sont une excellente source de participation démocratique.
  24. Je préfère marier ma cousine unijambiste que de collectionner les vrilles incrédules des souris intégrales.
  25. Vagir et vagin sont deux mots ancêtres jaunes de ma pensée caverneuse.

La DouChe

Mes compagnes de cellule m’ont déjà  raconté l’histoire de cet homme qui disparut un jour dans sa douche. Il jouissait avec indolence des sensations que lui procurait son pommeau de douche fabriqué en Chine qui massait son crâne comme une putain thaïlandaise de douze ans qu’on a placée au bordel pour subvenir aux besoins de sa famille nombreuse. C’était si bon qu’il en oublia de sortir.

En fait, il n’avait plus la moindre idée d’où il pouvait bien être — possiblement parce que la porte de la douche Était vitrée. Pendant un bref moment, il crut être assis à  la table d’un café viennois en 1903, ou encore dans une cabine de l’Orient Express en 1912. Ensuite, il crut avoir été projeté dans un futur lointain, où les portes de douche vitrées ont toutes la texture de milliers de vers grouillants. Cette pensée le terrifia; il se tourna comme un danseur ivre et se mit à  crier. D’où venait toute cette eau? Une voix étrange criait sans arrêt «cage aux tigres» dans sa tête. Tout était clair, limpide : il était prisonnier d’un camp de rééducation cambodgien. Bientôt, les sangsues vinrent sucer le sang de ses oreilles, de son cul et de son pénis. Il avait beau hurler de toutes ses forces, sa voix ne portait pas; elle était retransmise sur les ondes d’une vieille radio à lampe qui transformait ses phrases en mots incohérents et en slogans publicitaires pour des produits d’hygiène féminine. Peut-être était-ce la fin des temps, peut-être était-ce un monde étrange, par delà  l’Apocalypse, où le vent et la pluie formaient des stries sur le corps des suppliciés, vitrifiant les corps et les transformant en nutriments poudreux.

Puis il mourut. Il se ratatina sur le tapis de caoutchouc fabriqué en Chine à motif de poissons bicéphales qui tapissait le fond de sa douche. L’eau courut sur ses lèvres et ses yeux, suivant une étrange géographie, entraînant avec elle sang et salive.

Ce liquide fut plus tard ingéré par des micro-organismes qui eux-mêmes alimentèrent le plancton qui fut avalé par un poisson qui fut attrapé puis servi à un individu nommé Jean-Sébastien Lamarre qui, après avoir dégusté la peur de l’homme à la douche, embrassa son épouse, pris son fusil de chasse et partit abattre au bureau du chômage tous les individus dont le prénom commençait par «J».

Quant au tapis de douche, on le plaça au mausolée de Lénine dans une vitrine spéciale pour le conserver tel quel, avec sa crasse et son mildiou; on le vénère depuis comme une relique, qui attire annuellement plus de visiteurs que la Joconde, Graceland, la tour penchée de Pise et l’Église du très-sain-prépuce réunies.

DéfiNitioNs caNcéreuses

(Tirées du Dictionnaire de la pétroleuse nymphomane)

CANCER n.m. (mot lat., crabe) Tumeur maligne causée directement par tout ce qu’on peut manger, toucher ou respirer dans une société industrielle avancée. Aussi connu sous le nom de consolation du tiers-monde.

CHIMIOTHÉRAPIE n.f. MÉD. Pacte faustien que la cancéreuse signe de son sang avec la médecine pour obtenir un sursis de quelques mois en échange de ses cheveux et de son sens de l’humour.

HÔPITAL n.m. (lat. hospitalis) Hôtel glauque aux chambres déprimantes, au menu exécrable et au service d’une courtoisie toute spartiate. Malgré l’absence de piscine et de piano bar, certains clients ne le quittent jamais.

RAYONS X n.m (lat. radius). PHY. Outil diagnostique servant à la fois à détecter les tumeurs malignes et à en créer de nouvelles pour les prochains examens.

RÉMISSION n.f. MÉD. Lorsque le cancer, à l’instar de René Lévesque, vous dit la larme à l’oeil : « Si j’ai bien compris, vous êtes en train de me dire à la prochaine fois.»

DéfiNitions âgistes

(Tirées du Dictionnaire de la pétroleuse nymphomane)

VIEILLISSEMENT n.m. Phénomène naturel réputé pour apporter la sagesse que l’on tente désespérément de ralentir par tous les moyens en Occident.

BÉBÉ n.m. (onomat.). 1. Lorsque prononcé « bébé », un assemblage de fonctions corporelles diverses et odorantes qui fait la joie de ses parents. 2. Lorsque prononcé « beubé », un assemblage de fonctions corporelles diverses et odorantes fort différentes qui fait la joie de des camionneurs et des ouvriers de la construction québécois.

PRÉNOM n.m. Nom particulier choisi et ajouté au patronyme par des parents modernes et à la mode qui, en nommant leurs rejetons Megan ou Samuel, ne se doutent pas une seule seconde qu’ils créent les Ginette et les Roger de la prochaine génération.

ENFANCE n.m. (lat. infantia). Période de plus en plus courte qui va de la naissance à la première arrestation pour possession d’armes ou de drogue.

SURDOUÉ adj. et n. Se dit d’un enfant dont le seul talent manquant est celui de cacher les siens à ses parents exagérément ambitieux.

ENFANT INTÉRIEUR n.m. L’esprit de notre jeunesse que nous enfouissons tous dans notre psyché en vieillissant et que nous devrions tous écouter, si on se fie aux ouvrages de psycho-pop à la mode. À ne pas confondre avec cette petite voix intérieure qui nous dit « Cette histoire d’enfant intérieur, c’est bidon ! ».

PUBERTÉ n.m. (lat. pubertas). Âge où l’être humain abandonne son génie pour commencer à répandre ses gènes.

ADOLESCENT,E n. (lat. adolescens). Créature aux proportions peu harmonieuses mue par les hormones, souvent frappée par des éruptions cutanées et consacrant le plus clair de son temps à de multiples activités qui ont en commun d’exiger peu d’effort intellectuel. Bref : l’animal humain dans son état le plus répandu.

JEUNESSE n.f. Époque trop brève où la carrosserie humaine est dans un état impeccable, sans marques, égratignures, rayures, bosselures ou signes de corrosion. État édénique vénéré par les ménagères ménopausées portant des survêtements de sport en coton ouaté et les messieurs ratatinés arborant des moumoutes mal assorties à la couleur de leurs sourcils. Paradoxalement, ceux et celles qui jouissent d’un tel privilège sont généralement trop superficiels ou torturés pour l’apprécier.

BABY BOOMER n.m. (anglic.). Membre de la génération d’après-guerre, dont l’enfance a été marquée par l’âge d’or de l’apparition de la télé dans les foyers et dont la vieillesse sera probablement marqué par l’apparition des foyers de l’âge d’or dans la télé.

VIEILLARD n.m. Personne vaguement respectée pour son âge et sa sagesse, mais qui n’est réellement admirée qu’au moment où elle arrive à ressembler et à se comporter comme un jeune.

SÉNILITÉ n.f. Effacement graduel du tableau noir mental avant que l’école soit finie. Début des grandes vacances.

DéfiNitions psychotropes

(Tirées du Dictionnaire de la pétroleuse nymphomane)

TRANQUILLISANT n.m. L’opium des classes moyennes, prescrit comme remède contre l’anxiété, la mélancolie, les tics faciaux chroniques ainsi que toutes les autres réactions normales et prévisibles à la vie en société urbaine et industrialisée.

CAFÉ n.m. (turc kahve). Élixir brun-noir produit en ébouillantant des graines tropicales rôties et broyées et consommé en copieuses quantités pour obtenir un niveau satisfaisant d’agitation nerveuse.

CANNABIS n.m. Plante de la famille des cannabaceae dont la fumée induit chez le consommateur une humeur rigolarde et irrévérencieuse envers les représentants de l’autorité légitime, ce qui probablement explique pourquoi sa simple possession est un crime.

COCAÏNE n.f. Alcaloïde extrait des feuilles d’un arbuste andin qui se présente sous forme de poudre dont le principal effet est de faire dilater les narines des jeunes cadres dynamiques et leur faire allonger le nez quelques années plus tard lorsqu’ils sont questionnés par des journalistes en campagne électorale.

CIGARETTE n.f. Mince tube de papier fourré de feuilles mortes qu’on fait brûler afin d’inhaler un fumée dont le seul effet est d’offrir une dose appréciable de substances cancérigènes. Accessoire indispensable depuis le début du XXe siècle pour tous les adultes émancipés et forts en gueule ainsi que pour ceux qui aspirent à ce statut.

HÉROÏNE n.f. Marque de commerce déposée de Bayer Aktiengesellschaft. Si la religion est l’opium du peuple, l’héroïne est la religion des opiomanes.

VIN n.m. (latin vinum). Jus de raisin fermenté et vieilli servant principalement à la promotion sociale de fins connaisseurs petits-bourgeois nord-américains et bêtement consommé pour ses effets euphorisants supposés par des Européens qui décidément ne comprennent rien à rien.

DéfiNitions obscèNes

(Tirées du Dictionnaire de la pétroleuse nymphomane)

COÏT n.m. (du lat. coire, aller ensemble). Ersatz bien insatisfaisant de la masturbation.

AMANTE n.f. Vx. Chair amie.

CUL n.m. (lat. culus). Fam. Bas de soi.

DÉFLORER v.t. (lat. deflorare). Litt. Jouer à chat-percé.

ONANISME n.m. (du n. d’Onan). S’aimer à tous vents.

ORGASME n.m. (du gr. orgân, bouillonner d’ardeur). Gag que plusieurs femmes ne comprennent pas, principalement parce que leur partenaire ne sait pas raconter une blague. Certaines font semblant de le comprendre, alors que d’autres veulent l’entendre encore, encore et encore.

PORNOGRAPHIE n.f. (du gr. pornê, prostituée, et graphein, décrire). Substitut bidimensionnel à ce qu’on ne peut ou n’ose faire en trois dimensions.

PUTE n.f. Vulg. 1. Injure lancée à une honnête travailleuse par des gens qui se vendent pour bien moins. 2. Femme échangeant des faveurs sexuelles contre de l’argent (voir ÉPOUSE) .

TRAVESTI n.m. (de l’it. travestire) Un homme se faisant passer pour le genre de femme que vous avez toujours soupçonné être un homme se faisant passer pour une femme.

UROPHILIE n.f. SEXOL. Miction accomplie.

Fig. 99

coNstaTatioNs devaNt la glace

  1. La ritournelle minuscule est une valve caillée sur la lame végétale de mon cœur.
  2. La nièce de Satan s’est inscrite à des cours du soir; elle travaille comme standardiste à la compagnie de chaussures qui emploie des enfants dans son usine souterraine.
  3. Savoir conjuguer le verbe «falloir» à la première personne du singulier n’est pas donné à tout le monde. En fait, il n’y a que les clowns masturbateurs et anthropophages qui adoptent une phase assez liquide pour imbiber suffisamment la grammaire et ainsi accomplir un tel exploit.
  4. La charrette des lépreux a des roues de roquefort et laisse des traces vertes sur le tapis floral de ma salle de bains.

Le tiTre de mon preMier roMaN

J’écris en ce moment un roman qui, si tout se déroule comme prévu, sera terminé dans quelques mois. Il me reste toutefois à trouver un titre — quelque chose de fort, de puissant, quelque chose de vendeur. J’en ai déjà trouvé quelques-uns, mais j’ai besoin de votre aide pour choisir le meilleur.

Si vous voulez m’aider, vous n’avez qu’à cliquer sur «J’aime» ou sur «Beurk» pour m’indiquer vos préférences. Ça ne prendra que quelques minutes de votre temps et ça me rendra un énorme service !

En voici un premier :

Insertions exquises

Un chien dans un jeu de quilles
Une carotte dans un vagin carnivore
Un scalpel dans l’oreille d’un sourd
Une princesse dans une enseigne électrique
Un robinet dans un nuage lourd
Une manivelle dans un fromage persillé
Un pois chiche dans un pot de vaseline
Une tartine dans des sables mouvants
Un curé dans une sécrétion nasale
Une litote dans un drapeau noir
Un vibromasseur dans une couverture électrique
Une fellation dans un garage ultra-moderne
Un bol de lait dans un train déraillé
Une cigarette dans un œsophage
Un livre pornographique dans un rêve absurde
Une envie de mort dans un rapport de police
Un sou noir dans un traversin diabolique
Une contravention dans une piscine hors-terre
Un missel dans un cirque bulgare
Une partition de violon dans une seringue hypodermique
Un kilo de caviar dans une pelle à fumier
Une fille de joie dans un autobus scolaire
Une poire à lavement dans un fonctionnaire municipal
Un cigare cubain dans une poutine extra-sauce
Une cerise confite dans un ami des bêtes

fig.734

À faux riz stick ment

J’ai un Dhp. ès dyslexie.

Assise sur le bord de la route avec ma fille, je regarde passer les zombies dans leurs cercueils roulants métalliques.

La condition postmoderne : même notre dernière heure sera entrecoupée de quatorze minutes de publicité

Ma meilleure amie m’a fait promettre d’assister à ses funérailles. J’ai accepté, mais à condition qu’elle vienne aux miennes.

Malgré l’augmentation du coût de la vie, elle reste toujours aussi populaire.

Comme je vous l’ai dit plusieurs fois, je ne me répète jamais, alors tant pis si vous n’avez pas compris la première fois.

Et surtout, ne commencez jamais une phrase par une conjonction.

J’évite la plupart du temps de parler contre Dieu ; après tout, une idée n’est pas responsable de ceux qui croient en elle.

L’après-midi est le moment de la journée que je consacre à me désoler d’avoir perdu mon temps pendant la matinée.

La précision est le vice insupportable de ceux qui ont raison.

Absurdité : une idée ou une opinion radicalement contraire à la mienne.

Le philosophe qui se fait baptiser est celui qui échange la recherche de la vérité pour une fantaisie utile et fonctionnelle.

Un aphorisme astucieux ne prouve rien, mais ils reste moins assomant qu’un raisonnement juste et interminable.

La nature a horreur du vide ; il vaut pourtant mieux que bien des trucs que la nature offre pour le remplir.

Celui qui parle pendant son sommeil est un somniloque. Celui qui parle pendant le sommeil des autres est un professeur.

Le fanatique n’est pas celui qui ne change jamais d’idée, mais celui qui ne change jamais de sujet.

Quiconque veut mettre le doigt sur LE problème de la société finit toujours par le mettre dans son oeil.

Un jour sans soleil, c’est comme une nuit.

Idi-o-matic

Je suis une fille publique car je reçois en privé.
Je suis haute comme trois pommes mais j’arrive à appuyer sur le champignon.
Je me mets au vert quand je suis dans le rouge.
J’en ai plein le dos d’être sur les genoux.
J’ai le cœur à la bonne place, c’est-à-dire sur la main.
Je couperais bien les cheveux en quatre, mais j’ai un poil dans la main.
Je pends mes jambes à son cou chaque fois que nous faisons soixante-neuf.
Je ne peux pas le sentir car il m’a dans le nez.
Je lis une feuille de chou qui appartient à une grosse légume.
J’y suis allée pour des prunes ; je suis vraiment une bonne poire.
J’ai tant mangé de vache enragée que personne ne viendra m’enlever le pain de la bouche.
Je frise le code avec mes alibis tirés par les cheveux.
Je n’y vais pas de main morte quand je travaille d’arrache-pied.
Je n’ai pas froid aux yeux car ils ne sont pas en face des trous.
Je ne lui vais pas à la cheville et ça lui fait une belle jambe.
Je ne suis pas dans mon assiette mais je n’en fais pas tout un plat.
Je me mets sur mon trente-et-un tous les trente-six du mois.
Je mets des bâtons dans la cinquième roue du char.
Je mets les voiles pour jouer les filles de l’air.
Je suis leur tête de Turc car ils m’envoient me faire voir chez les Grecs.
J’ai beau brûler la chandelle par les deux bouts, je n’arrive pas à les joindre.
Je pêche en eau trouble quand je remue ciel et terre.
J’ai fait mon barreau derrière les barreaux.
Je lui fais porter le chapeau car je n’en fais qu’à ma tête.
Je suis toujours dans le pétrin car je suis une bonne pâte.
Je lui ai mis la puce à l’oreille en cherchant la petite bête.

Érection gynopède en huit étapes

Cher journal,

  1. Le sénat dispose d’un droit de veto suspensif dans chambre à coucher;
  2. Une cravate blanche plastronnant sur un col alimentaire;
  3. Vessie de saint Paul, ô ma douleur dans l’ombre du jour;
  4. Dissociation automaticovolontaire des portraits grisâtréronds aux dents poudreuses et salines;
  5. Quand un Chichimèque véloce roule l’opéra flottant des gares héréditaires aux pistes du séminaire;
  6. Mes glandes de skene en lamelles historiographiques sur la pièce montée de la baronne de carbone;
  7. Outre gastrique et émotions d’écailles;
  8. La critique n’est possible que ployée sous le fardeau des désirs logarithmiques de mon clitoris précambrien.

Litanies de la femme honnête

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un revolver et que sais m’en servir. J’aime mon revolver. Mon revolver est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon revolver à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon revolver. J’ai toujours mon revolver près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon revolver. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon revolver. Mon revolver est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon revolver si je veux qu’il veille sur moi. Mon revolver est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon revolver hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un revolver pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un vibromasseur et que sais m’en servir. J’aime mon vibromasseur. Mon vibromasseur est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon vibromasseur à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon vibromasseur. J’ai toujours mon vibromasseur près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon vibromasseur. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon vibromasseur. Mon vibromasseur est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon vibromasseur si je veux qu’il veille sur moi. Mon vibromasseur est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon vibromasseur hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un vibromasseur pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un mari et que sais m’en servir. J’aime mon mari. Mon mari est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon mari à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon mari. J’ai toujours mon mari près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon mari. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon mari. Mon mari est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon mari si je veux qu’il veille sur moi. Mon mari est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon mari hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un mari pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un Seigneur Jésus Christ et que sais m’en servir. J’aime mon Seigneur Jésus Christ. Mon Seigneur Jésus Christ est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon Seigneur Jésus Christ à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon Seigneur Jésus Christ. J’ai toujours mon Seigneur Jésus Christ près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon Seigneur Jésus Christ. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon Seigneur Jésus Christ. Mon Seigneur Jésus Christ est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon Seigneur Jésus Christ si je veux qu’il veille sur moi. Mon Seigneur Jésus Christ est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon Seigneur Jésus Christ hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un Seigneur Jésus Christ pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Masse sporulation

Ascomycètes
Baveux et gluants
Courbes d’amante
Cils de corail
Visqueux entrouverts

Aleuria aurantia
A-t-elle aussi faim
Que ma peau orangée
De s’enrouler autour
D’un phalle fungique ?

(Ou alors est-elle blanche –
Amoureuse neigeuse –
Lampion laiteux s’égouttant
En cire lente sur le cadavre
Vanillé crémeux de mon buisson ?)

Myxomycètes de velours
Délicats boutons de chair
Saumonée dans leurs replis
Comment ne pas vouloir
Caresser ces perfections luisantes
Innocences douces humides

Basidiomycètes
Plissés ondoyants
Comme ma pauvre
Cervelle blasphématrice
Leurs circuits hérétiques
Font vibrer ma peau
Sueurs et envies

Perdue dans les crevasses de ma cave
Les fongi cérébriformes me cuisent
Infiltrent mes sillons
Croissent et me remplissent
Pulsatiles turgescents
Hyménium aiguillon
Se soulevant et saoulant
Mon souffle

Vox populi

Je suis proche d’être en faveur de la peine de mort car il est bon d’éprouver de la peine à la mort de ses proches.

Je suis en faveur du français comme langue d’usage unique de l’administration publique car j’aime bien qu’un Français m’administre des faveurs en public uniquement avec la langue.

J’irais jusqu’à être d’accord pour qu’on laisse les enfants prier à l’école car c’est normal que les enfants se laissent prier pour aller à l’école.

Je suis d’accord avec le devoir d’observer la ligne du parti au pouvoir même si on doit faire la ligne pour pouvoir observer mes parties.

Finalement, je suis socialement en faveur du suicide assisté car je comprends que les assistés sociaux puissent finir par vouloir se suicider.

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