La Gazette endocrinienne

« La plus glande gazette française d’Amérique »

Logorrhée intoxiquée

la thyroïde

coNstaTatioNs devaNt la glace

  1. La ritournelle minuscule est une valve caillée sur la lame végétale de mon cœur.
  2. La nièce de Satan s’est inscrite à des cours du soir; elle travaille comme standardiste à la compagnie de chaussures qui emploie des enfants dans son usine souterraine.
  3. Savoir conjuguer le verbe «falloir» à la première personne du singulier n’est pas donné à tout le monde. En fait, il n’y a que les clowns masturbateurs et anthropophages qui adoptent une phase assez liquide pour imbiber suffisamment la grammaire et ainsi accomplir un tel exploit.
  4. La charrette des lépreux a des roues de roquefort et laisse des traces vertes sur le tapis floral de ma salle de bains.

Le tiTre de mon preMier roMaN

J’écris en ce moment un roman qui, si tout se déroule comme prévu, sera terminé dans quelques mois. Il me reste toutefois à trouver un titre — quelque chose de fort, de puissant, quelque chose de vendeur. J’en ai déjà trouvé quelques-uns, mais j’ai besoin de votre aide pour choisir le meilleur.

Si vous voulez m’aider, vous n’avez qu’à cliquer sur «J’aime» ou sur «Beurk» pour m’indiquer vos préférences. Ça ne prendra que quelques minutes de votre temps et ça me rendra un énorme service !

En voici un premier :

Insertions exquises

Un chien dans un jeu de quilles
Une carotte dans un vagin carnivore
Un scalpel dans l’oreille d’un sourd
Une princesse dans une enseigne électrique
Un robinet dans un nuage lourd
Une manivelle dans un fromage persillé
Un pois chiche dans un pot de vaseline
Une tartine dans des sables mouvants
Un curé dans une sécrétion nasale
Une litote dans un drapeau noir
Un vibromasseur dans une couverture électrique
Une fellation dans un garage ultra-moderne
Un bol de lait dans un train déraillé
Une cigarette dans un œsophage
Un livre pornographique dans un rêve absurde
Une envie de mort dans un rapport de police
Un sou noir dans un traversin diabolique
Une contravention dans une piscine hors-terre
Un missel dans un cirque bulgare
Une partition de violon dans une seringue hypodermique
Un kilo de caviar dans une pelle à fumier
Une fille de joie dans un autobus scolaire
Une poire à lavement dans un fonctionnaire municipal
Un cigare cubain dans une poutine extra-sauce
Une cerise confite dans un ami des bêtes

fig.734

À faux riz stick ment

J’ai un Dhp. ès dyslexie.

Assise sur le bord de la route avec ma fille, je regarde passer les zombies dans leurs cercueils roulants métalliques.

La condition postmoderne : même notre dernière heure sera entrecoupée de quatorze minutes de publicité

Ma meilleure amie m’a fait promettre d’assister à ses funérailles. J’ai accepté, mais à condition qu’elle vienne aux miennes.

Malgré l’augmentation du coût de la vie, elle reste toujours aussi populaire.

Comme je vous l’ai dit plusieurs fois, je ne me répète jamais, alors tant pis si vous n’avez pas compris la première fois.

Et surtout, ne commencez jamais une phrase par une conjonction.

J’évite la plupart du temps de parler contre Dieu ; après tout, une idée n’est pas responsable de ceux qui croient en elle.

L’après-midi est le moment de la journée que je consacre à me désoler d’avoir perdu mon temps pendant la matinée.

La précision est le vice insupportable de ceux qui ont raison.

Absurdité : une idée ou une opinion radicalement contraire à la mienne.

Le philosophe qui se fait baptiser est celui qui échange la recherche de la vérité pour une fantaisie utile et fonctionnelle.

Un aphorisme astucieux ne prouve rien, mais ils reste moins assomant qu’un raisonnement juste et interminable.

La nature a horreur du vide ; il vaut pourtant mieux que bien des trucs que la nature offre pour le remplir.

Celui qui parle pendant son sommeil est un somniloque. Celui qui parle pendant le sommeil des autres est un professeur.

Le fanatique n’est pas celui qui ne change jamais d’idée, mais celui qui ne change jamais de sujet.

Quiconque veut mettre le doigt sur LE problème de la société finit toujours par le mettre dans son oeil.

Un jour sans soleil, c’est comme une nuit.

Idi-o-matic

Je suis une fille publique car je reçois en privé.
Je suis haute comme trois pommes mais j’arrive à appuyer sur le champignon.
Je me mets au vert quand je suis dans le rouge.
J’en ai plein le dos d’être sur les genoux.
J’ai le cœur à la bonne place, c’est-à-dire sur la main.
Je couperais bien les cheveux en quatre, mais j’ai un poil dans la main.
Je pends mes jambes à son cou chaque fois que nous faisons soixante-neuf.
Je ne peux pas le sentir car il m’a dans le nez.
Je lis une feuille de chou qui appartient à une grosse légume.
J’y suis allée pour des prunes ; je suis vraiment une bonne poire.
J’ai tant mangé de vache enragée que personne ne viendra m’enlever le pain de la bouche.
Je frise le code avec mes alibis tirés par les cheveux.
Je n’y vais pas de main morte quand je travaille d’arrache-pied.
Je n’ai pas froid aux yeux car ils ne sont pas en face des trous.
Je ne lui vais pas à la cheville et ça lui fait une belle jambe.
Je ne suis pas dans mon assiette mais je n’en fais pas tout un plat.
Je me mets sur mon trente-et-un tous les trente-six du mois.
Je mets des bâtons dans la cinquième roue du char.
Je mets les voiles pour jouer les filles de l’air.
Je suis leur tête de Turc car ils m’envoient me faire voir chez les Grecs.
J’ai beau brûler la chandelle par les deux bouts, je n’arrive pas à les joindre.
Je pêche en eau trouble quand je remue ciel et terre.
J’ai fait mon barreau derrière les barreaux.
Je lui fais porter le chapeau car je n’en fais qu’à ma tête.
Je suis toujours dans le pétrin car je suis une bonne pâte.
Je lui ai mis la puce à l’oreille en cherchant la petite bête.

Érection gynopède en huit étapes

Cher journal,

  1. Le sénat dispose d’un droit de veto suspensif dans chambre à coucher;
  2. Une cravate blanche plastronnant sur un col alimentaire;
  3. Vessie de saint Paul, ô ma douleur dans l’ombre du jour;
  4. Dissociation automaticovolontaire des portraits grisâtréronds aux dents poudreuses et salines;
  5. Quand un Chichimèque véloce roule l’opéra flottant des gares héréditaires aux pistes du séminaire;
  6. Mes glandes de skene en lamelles historiographiques sur la pièce montée de la baronne de carbone;
  7. Outre gastrique et émotions d’écailles;
  8. La critique n’est possible que ployée sous le fardeau des désirs logarithmiques de mon clitoris précambrien.

Litanies de la femme honnête

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un revolver et que sais m’en servir. J’aime mon revolver. Mon revolver est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon revolver à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon revolver. J’ai toujours mon revolver près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon revolver. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon revolver. Mon revolver est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon revolver si je veux qu’il veille sur moi. Mon revolver est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon revolver hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un revolver pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un vibromasseur et que sais m’en servir. J’aime mon vibromasseur. Mon vibromasseur est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon vibromasseur à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon vibromasseur. J’ai toujours mon vibromasseur près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon vibromasseur. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon vibromasseur. Mon vibromasseur est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon vibromasseur si je veux qu’il veille sur moi. Mon vibromasseur est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon vibromasseur hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un vibromasseur pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un mari et que sais m’en servir. J’aime mon mari. Mon mari est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon mari à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon mari. J’ai toujours mon mari près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon mari. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon mari. Mon mari est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon mari si je veux qu’il veille sur moi. Mon mari est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon mari hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un mari pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Je n’ai pas honte de dire que j’ai un Seigneur Jésus Christ et que sais m’en servir. J’aime mon Seigneur Jésus Christ. Mon Seigneur Jésus Christ est mon meilleur ami. Je ne donnerais mon Seigneur Jésus Christ à personne. Seuls mes proches les plus intimes ont le privilège exceptionnel d’essayer mon Seigneur Jésus Christ. J’ai toujours mon Seigneur Jésus Christ près de moi, sous mon oreiller ou dans le tiroir de ma table de chevet. La nuit, je suis calme et sereine grâce à mon Seigneur Jésus Christ. Je n’ai jamais peur de rester seule grâce à mon Seigneur Jésus Christ. Mon Seigneur Jésus Christ est toujours propre et bien huilé — je dois veiller sur mon Seigneur Jésus Christ si je veux qu’il veille sur moi. Mon Seigneur Jésus Christ est juste assez gros pour que je puisse le manier de façon sécuritaire, sans risquer de me blesser. Je garde mon Seigneur Jésus Christ hors de la portée des enfants. Je crois que toutes les femmes seules devraient comme moi se munir d’un Seigneur Jésus Christ pour assurer leur tranquillité d’esprit.

Masse sporulation

Ascomycètes
Baveux et gluants
Courbes d’amante
Cils de corail
Visqueux entrouverts

Aleuria aurantia
A-t-elle aussi faim
Que ma peau orangée
De s’enrouler autour
D’un phalle fungique ?

(Ou alors est-elle blanche –
Amoureuse neigeuse –
Lampion laiteux s’égouttant
En cire lente sur le cadavre
Vanillé crémeux de mon buisson ?)

Myxomycètes de velours
Délicats boutons de chair
Saumonée dans leurs replis
Comment ne pas vouloir
Caresser ces perfections luisantes
Innocences douces humides

Basidiomycètes
Plissés ondoyants
Comme ma pauvre
Cervelle blasphématrice
Leurs circuits hérétiques
Font vibrer ma peau
Sueurs et envies

Perdue dans les crevasses de ma cave
Les fongi cérébriformes me cuisent
Infiltrent mes sillons
Croissent et me remplissent
Pulsatiles turgescents
Hyménium aiguillon
Se soulevant et saoulant
Mon souffle

Vox populi

Je proche d’être en faveur de la peine de mort car il est bon d’éprouver de la peine à la mort de ses proches.

Je suis en faveur du français comme langue d’usage unique de l’administration publique car j’aime bien qu’un Français m’administre des faveurs en public uniquement avec la langue.

J’irais jusqu’à être d’accord pour qu’on laisse les enfants prier à l’école car c’est normal que les enfants se laissent prier pour aller à l’école.

Je suis d’accord avec le devoir d’observer la ligne du parti au pouvoir même si on doit faire la ligne pour pouvoir observer mes parties.

Finalement, je suis socialement en faveur du suicide assisté car je comprends que les assistés sociaux puissent finir par vouloir se suicider.

fig. 7921

Poulet tranché de mon coeur

La plaie de muscade traverse le Lac Saint-Jean
Vertu tendre de la gorge technique sur la butte
Glande de peur mes orteils verts de sucre d’érable
La cathédrale plie mes verrues il est vingt heures

Il est des routes magnétiques qui récurent le sommeil
Grande galerie flamme menstruée foie de chochon rave
Mes joues attendries sourire de boucherie téléologie
Ma peau de tôle galvanisée j’ai besoin d’un doigt ici

Mes bielles sont jaunes sous la pluie digestive
Demain le sens aura l’autoroute différentielle
Je suis une huître elle est un gangster
Mes dents sont bleues clito de nacre

Le palais des glaces

Depuis des nuits perdue dans le palais des glaces.

Lune de verre sur la rive droite des joues, les cordes se serrent sous ma coiffure. Cascades de sang, de dentelle usée, mon reflet expire derrière les glaces sans tain, et toujours plus lointaine l’issue bien lisse d’une proximité insupportable.

Mon image est méconnaissable, elle est la maîtresse des nuits.

Nuits trop courtes dans l’absence de guide.
Nuits confuses sans sommeil et sans eau.
Nuits si longues qu’on peut en toucher les songes de buée.
Nuits si froides que les images et les corps entrent en fusion.

Et toujours face à moi-même, les mains sur mon corps vitrifié, sans l’espoir d’une remise de peine.

J’ai hérité des rubans, des chiffons, des baleines, des pigeons, du
coton,

des lacets impies, du métal rouge, des chairs à bomber,

des saillies troublantes,

des corps caverneux,

des aumônes, des vulves
liquides, des parfums glissants, des consentements hérétiques, des élixirs en filets de salive, du creux, des frictions de râles copulés et des spasmes

pour que mon reflet ait un sens.

Si je suis c'est que

Si je suis folle c’est que je ne veux pas mourir.
Si je suis mouillée c’est que mes rêves sont trop bleus pour ma propre taille.
Si je suis inerte c’est que moine transversal s’agite dans l’eau du bidet.
Si je suis putain c’est que l’étable vaginale accueille l’axe de la mort en son sein.
Si je suis esclave c’est que les verges pyrotechniques lancent leur lait sans valises sur le sol.
Si je suis amoureuse c’est que les crustacés de mon sexe en bannière ont fini par prendre le dessus.
Si je suis inflammable c’est que l’araignée-miroir a suivi le courant jaune des flagellants.
Si je suis damnée c’est que l’ombre agricole me perce des fenêtres dans les pupilles.
Si je suis sainte c’est que la bave bienheureuse des vulves sans sel a plié en quatre le papier fin de mes songes.
Si je suis une femme c’est que mon désir a trouvé les mécanismes froids des cunnilinctus carnivores.
Si je suis morte c’est que j’ai épuisé ma folie.