L’heure du thé

Texte sécrété par l'hypophyse
de Mme Aa, L'Antiphilosophe

Je suis nue chez ma mère, savamment ficelée dans mon lit de petite fille. Jacinthe a des comptes à régler, elle veut en finir. J’appréhende la douleur comme mon premier jour d’école. Triomphante et nue, debout devant moi avec un loup sur le visage et des bas de laine noirs jusqu’aux cuisses, elle se moque de ma terreur. « C’est l’heure du thé » dit-elle en ouvrant la porte du placard, d’où sort une nonne à lunettes au visage tragique et pervers.

La religieuse retire sa coiffe, laissant cascader ses longs cheveux noirs. Elle se fait appeler Sœur Marie-Christine par un homme cagoulé, menotté et sanglé de cuir qu’elle tient en laisse. Émergeant de son pantalon de latex, un sexe large, mauve et congestionné. Tandis que Jacinthe m’invective, Sœur Marie-Christine se déshabille et se fait lécher les pieds par son esclave dont le sexe prend des proportions inquiétantes. Elle commence alors à le sucer lentement, si lentement qu’il contient avec peine sa jouissance. Finalement, son sexe éclata dans un jet de sperme qui va maculer les verres des lunettes de la nonne.

Jacinthe s’approche alors de Marie-Christine. Les deux femmes s’embrassent, leur seins sont lourds et tendus, leurs joues écarlates. Elles s’enchevêtrèrent l’une dans l’autre comme des vignes sauvages, leurs chattes s’accolent et se frottèrent, l’air devient lourd et musqué. Ne chipotant sur aucune caresse, tout portés qu’ils sont par le pesant délire de leur sens, la nonne et le bourreau plongent dans une transe qui fait frétiller fébrilement leurs orteils. Jacinthe jouit la première, mélangeant les interjections aux onomatopées, accompagnée en cela très vite par Sœur Marie-Christine qui lance un bras en l’air comme chassant des mouches illusoires à l’instant même où leur voix s’envolent dans un râle commun de jouissance.

C’est à ce moment qu’une botte vient défoncer la porte de ma chambrette. C’est une patrouille de la Gestapo qui vient interner les délinquants sexuels. Nue comme un ver, les fesses à l’air et le loup sur le visage, Jacinthe se lance dans le placard, devenu précipice, en criant « ¡ No pasarán ! ». Son corps disloqué s’écrase sur les parois rocheuses, où elle se transforme en lobélie du cardinal. Les nazis se rabattent donc sur la religieuse. Ils l’encerclent en sortant leur queue, Sœur Marie-Christine est perdue dans une forêt de verges, elle branle, lèche et gobe en s’enfonçant dans le parquet. Elle est aspirée nue par le sol glouton qui la suce comme un gland, comme l’enfer avale le foutre des âmes. Les SS hilares remontent leur braguette en ricanant « Sie mag die Wurst » puis quittent la scène au pas d’oie.

L’esclave affranchi de Sœur Marie-Christine retire sa cagoule, c’est Kurt Cobain. Je ne suis plus ligotée depuis longtemps, nous sommes dans le métro et je me demande si je devrais aller lui parler.